Mot de bienvenue du Secrétaire général
Bienvenue au 11ème congrès de la CES
Le Confédération européenne des syndicats (CES) passe à l’offensive pour une Europe plus sociale, pour plus de solidarité et un développement durable.
Durant la période écoulée, les syndicats européens ont remporté des succès considérables, comme la modification substantielle du texte initial de la directive Services. Grâce à une forte mobilisation, nous avons infléchi une proposition qui allait dans le sens d’une trop grande libéralisation des marchés. Succès aussi en ce qui concerne la législation européenne sur les substances chimiques (REACH) qui va vers plus de responsabilisation de l’industrie dans la protection de la santé des travailleurs.
Cependant beaucoup reste à faire : le traité constitutionnel reste dans l’impasse, de même que la directive sur l’aménagement du temps de travail et celle concernant les agences intérimaires dans l’Union européenne. Nous devons aussi renforcer nos activités autour de dossiers majeurs qui prendront une place déterminante dans les années à venir, je veux parler de l’énergie et du changement climatique et de leurs implications sur l’emploi.
C’est pourquoi nous abordons cette période avec plus de détermination et que nous passons à l’offensive. Nous passons à davantage d’offensive aussi parce que nous sommes dans un monde en mutation. Les syndicats ont un rôle certain à jouer en apportant des solutions aux nombreux problèmes auxquels font face les travailleurs.
Flexicurité, réglementation meilleure du marché du travail sont les concepts qui se développent et s’enracinent dans les débats européens comme étant la solution pour dynamiser la croissance et créer des emplois. Nous ne sommes pas dupes et nous savons que ces formules peuvent être autant de prétextes pour infléchir les économies européennes vers davantage de libéralisation. Les syndicats européens ne refusent pas le débat mais entendent faire entendre leur voix dans ce débat qui ira certainement en s’intensifiant. Dans un contexte où la précarité se généralise, nous devons être vigilants et actifs.
Nous devons aussi affronter le développement du capitalisme financier sauvage qui change la donne et donne un pouvoir surdimensionné aux actionnaires au détriment des travailleurs. Les fonds propres et les fonds d’investissement à hauts risques sont l’avant-garde de ce capitalisme financier toujours plus puissant.
Nous avons marqué des points. Nous avons encore des batailles à mener si nous voulons renforcer cette Europe sociale à laquelle demeurons attachés. Le mouvement syndical européen aura l’occasion d’en débattre et de préparer nos batailles lors du congrès de Séville.
John Monks,
Secrétaire général de la CES

